Les critiques
summerphoenix.
En réalité, il y a deux films en un: la première partie, complètement grotesque qui frise l'operette à deux sous. Les dialogues sont ultra-convenus, les scènes surjouées au possible et le personnage principal tout simplement à baffer bien que parfaitement banal. La seconde partie, en revanche est complètement tournée vers la tragédie. On se croirait dans Autant en emporte le vent. La grande maison, l'héroine au caractère bien trempé, la survenance de la guerre sont autant d'éléments qui font irrémédiablement penser au chef-d'oeuvre de Fleming. Oui, Autant en emporte le vent, c'est bien cela. On voit tout de suite où Ozon a pioché son inspiration et l'abandon progessif de cette femme aimée et adulée de tous jadis (ici, en l'occurrence pour ses livres) est un élément qui ne trompe pas. Mais n'est pas Fleming qui veut et Ozon nous livre là un film inégal, kitschissime à souhait, empruntant le décor qui se déroule derrière les personnage à Resnais et le côté fourre-tout d'un Baz Lhurman.
Etait-ce le sujet qui n'a pas inspiré son auteur? Ou bien le pays qui l'a dérouté? Ce qui est sûr, en revanche, c'est que ce film risque d'avoir du mal à trouver son public.
maxouchadrac.
François Ozon, l'un de nos jeunes réalisateurs hexagonaux les plus talentueux vient de tenter une première aventure de l'autre côté de la Manche en adaptant le roman à l'eau de rose « Angel » d'Elizabeth Taylor (la romancière et non l'actrice). Un choix assez inattendu de la part du réalisateur qui nous avait habitué jusque la à des univers plus grinçants comme « 8 femmes » ou « Sitcom » ou alors plus abstraites et épurés comme « Sous le sable » et « Le temps qui reste ». Le parti pris d'Ozon est assez clair dés le départ, utiliser les clichés du film romanesque les plus niaiseux pour mieux les détourner et ainsi revisiter le genre avec une ironie mordante. Tout cela en utilisant une musique classique démonstrative, calquée sur les émotions exagérées voir caricaturées de tous les personnages, et en faisant d'Angel un personnage aussi fascinant que détestable. Ce point de vue particulièrement audacieux et salutaire pour ce genre de cinéma qui devenait de plus en plus pénible à regarder fonctionne à merveille pendant la première partie du film d'autant que le film bénéficie de qualités techniques indiscutables au niveau des costumes et des décors fastueux et d'une image particulièrement raffinée. Malheureusement, cette esthétique soignée ne suffit pas et ce piquant qui se dégageait d' « Angel » s'essouffle sur la longueur et le film devient un mélodrame prétentieux, lourd et long aussi désagréable à voir que l'héroïne principale. « Angel » est donc a moitié réussi, puisque le point de vue ironique d'Ozon ne va pas jusqu'au bout et fait que le film débride trop peu le genre usé du mélodrame romanesque.
patrickc.
Ozon nous fait un mélo dans sa trame narrative, dans sa forme mais il se veut original en adoptant une héroine bien peu sympathique, arriviste, égoiste. Mais il veut aussi faire un film qui parle de la création artistique ; et il veut aussi faire un film sur la différence entre la vie rêvée et la vie réelle. Par ailleurs il veut aussi être un peu décalé par rapport au genre mélodrame: il s'amuse des clichés un petit peu, juste ce qu'il faut. Bref, du coup, on admire les références, le savoir-faire, l'intelligence, la drôlerie mais on perd l'émotion en route. On ne sait plus sur quel pied danser, on ne croit ni en l'un ni en l'autre aspect du film.
Il veut qu'on s'attache malgré tout à son héroïne, qu'on compatisse car il n'abandonne pas le mélo, il va jusqu'au bout du mélo. Mais hélas, ça ne fonctionne pas et du coup l'exercice de style est un peu vain car Ozon n'a pas osé bifurquer et trouver sa propre forme, ou justement il a osé aller jusqu'au bout du mélo malgré le sujet.C'est certes expérimental mais le résultat est un peu vain.
Au début cette fille agace mais son entêtement et sa détermination touchent un peu mais à la longue son égoïsme devient affligeant et la rend tête à claques et de moins en moins touchante. On est davantage touché par les personnages annexes qui ne sont que des faire -valoir. On se dit que l'histoire de Loana ( candidate du jeu de télé réalité Loft Story ) est bien plus touchante, ou même celle de Steevie (autre candidat resté célèbre de cette même émission) l'aurait été davantage. Et c'est cette idée fixe d'adopter le genre mélo qui empêche le film de décoller.
On aurait aimer qu'il en sorte totalement, qu'il bifurque et invente ou bien alors, qu'il creuse davantage le personnage et qu'il ne se soucie pas autant de la forme; car la forme sans fond perd de sa force et le fond dans un mélo repose sur des personnages bien plus épais.
Pour Angel la vie est irréelle , est un conte de fée où elle refuse de voir la réalité et elle fait de sa vie cela exactement: elle tombera de haut bien sûr mais elle n'est pas très touchante, on ne croit pas à la réalité de ce personnage, elle est juste égoiste, ambitieuse: on ne sent pas cette faille qui fait qu'elle s'engouffre dans le déni de réalité. Celui ci est posé a priori, comme un état de fait sans qu'on le ressente, sans qu'on le comprenne, sans qu'on nous donne à le comprendre. Ozon survole son personnage principal, ne la creuse pas, en fait une simple icone car justement il ne veut pas tomber dans le mélo tout en gardant la forme du mélo. Du coup, cet exercice de style laisse le spectateur froid même s'il peut être impressionné par tant de savoir faire ou être intellectuellement satifait des références et des décalages.
Le problème c'est que le film ne dit rien sur le mélodrame et que le mélodrame n'apporte rein à l'histoire.
merlu.
Situé début 1900, Romola Garai interprète une provinciale anglaise qui va devenir une écrivain célèbre.
Adolescente, elle écrit des récits enflammés sur des sentiments qu'elle ne connaît pas, amour, passion et le public est séduit.
Le succès va afire de l'enfant rêveuse une peste odieuse qui croit que tout lui est permis.
L'adulation des foules et la richesse subite vont lui tourner la tête et lui laisser croire que tout s'achète, qu'il suffit d'un caprice ou d'un sourire pour qu'on lui passe toutes ses envies et ses fredaines.
De la maison luxueuse au mari, elle va enrichir ses collections personnelles.
Mais quand l'amour s'en mêle, quand les sentiments mènent le bal, difficile d'encore tout régenter.
Angel va l'apprendre à ses dépens.
Mais le comprendra t-elle, enfermée qu'elle est dans une espèce de tour d'ivoire ?
François Ozon, le réalisateur, nous offre un portrait de femme tout en nuances.
Frondeur et impertinent, attendrissant et émouvant, il jongle avec brio avec les émotions de son héroïne (et les nôtres) et la réalité qui reprend petit à petit ses droits.
Il nous montre la vie d'Angel comme un rêve éveillé, avec strass et falbalas.
Superbes robes, décors luxueux, chaque tableau est une merveille visuelle, un petit bijou, un camaïeu délicieusement étudié pour séduire l'œil, même s'il dissimule pas mal de petites finesses ironiques.
A l'apogée, on peut facilement faire référence à Barbara Cartland, Sissi et Scarlett o'Hara.
On va ensuite suivre sa chute, la déchéance d'une femme enfermée dans sa gloire passée, qui reste calée dans une époque révolue.
Sans juger, les caméras d'Ozon se contentent de filmer le caractère fantasque, touchant, naïf, outrancier ou vulgaire d'Angel.
Femme entre kitsch et glamour, entre classique et baroque, elle ne laissera personne indifférent.
Elle attire, elle séduit, elle agace et dérange.
On suit sa vie avec attention, mais aussi, elle énerve car on se demande comment on peut aller jusque là dans l'entêtement et l'enfermement psychologique presque digne d'une autiste.
Un mélange qui allie pas mal de qualités mais qui aussi laisse une certaine impression de malaise.
L'impression d'un excès indéfinissable, d'un manque gênant.
Déroutant mais avec pas mal de charme (pour les yeux et les oreilles).
USERC4080.
AU SECOURS!! VRAIEMENT DECEVANT !
J'attendais beaucoup de ce film et la bande annonce m'y a bien aidé. Résultat : très kitch, des scènes tournées en studio avec un paysage filmé qui passe en arrière plan (à faire rire). Des acteurs loin d'être exceptionnels. Une émotion qui ne passe pas. Un petit plus : la décoration intérieur des manoirs anglais toujours stupéfiante et il faut le dire aussi un film toutefois très bien réalisé.
letrefou.
François Ozon signe avec "Angel" son premier film en costumes et surtout son premier film tourné intégralement en anglais. Son retour était donc en quelque sorte un évènement. Cependant, c'ets aussi une déception malheureusement.
Tout d'abord, on est vraiment par cette histoire d'amour et par la montée de cette jeune romancière anglaise, très sûre d'elle-même. Cependant, la dernière heure est vraiment difficile à supporter tant François Ozon est tombé dans son propre piège. Tellement envouté par son histoire et par son personnage, il oublie le spectateur qui s'ennuie vraiment dans cette dernière heure. La simple comédie romantique, hommage aux films des années 1950, tourne en drame, très mal mis en scène. La fin est ainsi ridicule mais aussi souhaité terriblement par le spectateur qui essaie de survivre à un certain massacre.
Sa mise en scène est à l'image de son film, à moitié réussie. Ainsi, François Ozon prend le parti de tourner une fable très kitsch. La mise en scène suit ainsi le personnage principal, très excentrique, vivant dans un rêve. Ainsi, tout est kitsch dans la mise en scène, le château de conte de fée, le long baiser langoureux sous la pluie mais sous un arc en ciel,... Ainsi, elle est intéressante au début mais ensuite elle se perd complètement et n'a donc plus aucun sens.
Concernant l'interprétation, elle est vraiment parfaite et montre ainsi la qualité qu'a Ozon de diriger les acteurs. Tout d'abord, la grande révélation de ce film est Romola Garai, extraordinaire. Elle est tour à tour repoussante, attendrissante, étonnante et toujours plein d'ironie. Elle a tout d'une grande actrice, il faut donc la suivre avec attention. Sam Neil est encore une fois parfait, son retour est ainsi complètement réussi. Enfin, Charlotte Rampling, l'égérie de François Ozon, est magnifique, elle joue comme très peu d'actrices savent le faire. Son jeu est vraiment fabuleux.
Ainsi, ce film laisse un goût de raté, François Ozon se perd aussi bien dans son scénario que dans sa mise en scène. Son sujet n'est pas maitrisé. Reste l'interprétation vraiment excellente!
|
|
Accueil
Fiche technique
Casting
Photos
4 Avis
Le DVD
Critiques
Presse
Anecdotes
|